22 victoires, la pire défense de l’Ouest ou presque, et un été passé à solder l’ère DeRozan et Westbrook. Sacramento ouvre la saison avec le total de victoires le plus bas de toute la ligue sur le marché américain (21,5) et un rookie de 20 ans aux commandes. La vraie question n’est pas de savoir si les Kings vont remonter au classement, mais ce qu’il restera de ce groupe au soir de la trade deadline.
La saison dernière : Un 22-60 et une infirmerie qui a tout emporté
Le bilan est sans appel. Avec 22 victoires pour 60 défaites, les Kings ont terminé 14e de la Conférence Ouest, devant les seuls Jazz, et n’ont jamais été dans la course au play-in. Les chiffres de Basketball Reference racontent une équipe cassée des deux côtés du terrain : 111,4 points marqués pour 100 possessions (26e de la ligue), 121,5 encaissés (28e), soit un différentiel net de moins 10,0, 28e rang NBA. Sacramento n’a pas été malchanceux, il a été mauvais.
La circonstance atténuante tient en 3 noms. Domantas Sabonis n’a disputé que 19 matchs, un plus bas en carrière, à cause de son genou. Keegan Murray s’est arrêté à 23 rencontres avec une blessure au doigt, et quand il a joué, il a tiré à 42 % au global et 27,7 % à 3 points, les pires chiffres de sa carrière. Zach LaVine, opéré d’un doigt lui aussi, n’a joué qu’une quarantaine de matchs pour 19,2 points de moyenne.
Dans ce naufrage, une vraie bonne nouvelle, et elle est française. Maxime Raynaud, 42e choix de la draft 2025 sorti de Stanford, a bouclé une saison rookie de 12,5 points et 7,5 rebonds en 74 matchs. Il est devenu le premier second tour de l’histoire à tourner à 12 points, 7 rebonds et plus de 55 % de réussite lors de sa première saison, une ligne jusqu’ici réservée à des premiers choix comme Shaquille O’Neal, Chris Webber ou DeAndre Ayton. Après le All-Star Game, le pivot de 2,16 m est monté à 17,2 points et 9,2 rebonds à 58,9 %. Il a logiquement été nommé dans la 2e équipe All-Rookie.
L’intersaison : Le grand ménage, et un meneur de franchise
| Arrivées | Départs |
|---|---|
| Darius Acuff Jr. (draft, 7e choix) | DeMar DeRozan (coupé, contrat étalé, signé à Denver) |
| Alex Karaban (draft, 29e choix, via Cleveland) | Russell Westbrook (retraite) |
| Emanuel Sharp (draft, 45e choix) | Devin Carter (échangé à Atlanta) |
| Ben Simmons (1 an, 3,5 M$, non garanti) | Isaiah Stevens (coupé) |
| Elfrid Payton (agent libre) | Choix n° 34 de la draft 2026 (envoyé à Cleveland) |
| Droits d’Alpha Kaba (via Atlanta) | |
| Precious Achiuwa (prolongé 2 ans) | |
| Daeqwon Plowden (contrat standard, ex two-way) | |
| Jonathan Mogbo, Adam Flagler (two-way) |
Le mouvement qui compte, c’est la draft. Reculés au 7e rang lors de la loterie, les Kings ont pris Darius Acuff Jr., meneur d’Arkansas. Sa saison freshman a été historique : 23,5 points et 6,4 passes de moyenne, 48,4 % au tir et 44 % à 3 points, Bob Cousy Award du meilleur meneur universitaire, joueur de l’année de la SEC et 2e joueur de l’histoire de la conférence, après Pete Maravich, à la mener à la fois aux points et aux passes. Ce n’est pas un pari sur un profil athlétique, c’est un créateur déjà très abouti, dont la limite se trouve plutôt de l’autre côté du terrain, avec 1,91 m sous la toise.
Autour de lui, Scott Perry a fait place nette. DeRozan a été coupé le 6 juillet, et les 10 millions de dollars restant sur son contrat ont été étalés sur 3 saisons, à raison de 3,33 millions par an jusqu’en 2028-29. L’opération n’est pas anodine : elle a fait repasser la masse salariale sous la ligne de luxury tax, que les Kings dépassaient de 1,8 million. DeRozan, lui, a rebondi à Denver pour 1 an et 3,9 millions. Russell Westbrook a annoncé sa retraite le 13 août, après 18 saisons. À eux deux, ils emportent 33,6 points et 10,8 passes de moyenne de la saison dernière. C’est l’essentiel de la création offensive hors LaVine qui s’en va.
Le reste relève du réglage fin. Karaban (UConn) et Sharp (Houston) sont 2 tireurs, 2 profils recrutés pour une équipe qui manquait cruellement d’adresse. Devin Carter, 13e choix 2024, n’a jamais trouvé sa place et part à Atlanta contre les droits d’Alpha Kaba. Ben Simmons, absent de toute la saison 2025-26, revient avec un contrat minimum non garanti tant que le training camp ne l’a pas validé. Son rôle affiché : meneur remplaçant et défenseur polyvalent. À 30 ans, c’est un ticket de loterie à 3,5 millions, rien de plus.
Ce qui frappe surtout, c’est ce qui n’a pas bougé. LaVine a exercé son option à 49 millions de dollars pour une dernière saison de contrat. Sabonis, 48,6 millions cette saison, est sous contrat jusqu’en 2028. Les 2 noms circulent depuis la deadline de février, et Sacramento les a gardés. Faute d’offre à la hauteur, disent les échos locaux. Pour les valoriser en cours de saison, lit-on entre les lignes.
L’effectif : Acuff en première ligne, Raynaud en embuscade
Le cinq de départ qui se dessine chez tous les suiveurs de l’équipe est le suivant : Darius Acuff Jr. à la mène, Zach LaVine arrière, De’Andre Hunter ailier, Keegan Murray ailier fort, Domantas Sabonis pivot. Hunter, arrivé de Cleveland en février contre Dennis Schröder et Keon Ellis, apporte enfin un ailier de taille capable de défendre sur les postes 2 à 4.
Le banc s’articule autour de Malik Monk, de Nique Clifford, d’Achiuwa (10,1 points et 6,7 rebonds en 73 matchs l’an dernier, meilleure saison de sa carrière) et de Raynaud. Simmons, Killian Hayes, l’autre Français de l’effectif, dont le contrat reste non garanti jusqu’au 10 janvier, et les rookies Karaban et Sharp se disputent les minutes restantes.
Le joueur clé : Domantas Sabonis. Quand il joue, Sacramento a un système. Sans lui, la saison dernière l’a démontré, les Kings n’ont ni organisation à mi-terrain ni présence au rebond. Son genou décidera du niveau de départ de l’équipe, et sa santé décidera aussi de sa valeur sur le marché des échanges.
Le joueur à surveiller : Maxime Raynaud. Acuff attirera la lumière, mais c’est le cas du Français qui dira le plus sur les intentions du staff. Souvent titulaire l’an dernier en l’absence de Sabonis, il est annoncé à une quinzaine de minutes en sortie de banc. S’il reste cantonné à ce rôle en décembre, c’est que Sacramento joue les matchs. S’il récupère la place de titulaire, c’est que la reconstruction a vraiment commencé.
Les questions qui vont décider de la saison
LaVine et Sabonis sont-ils des piliers ou des vitrines ? Tout part de là. Les Kings possèdent leur premier tour de draft 2027 sans aucune protection, et une saison dans le bas du tableau leur rapporterait une nouvelle chance de loterie. Garder LaVine jusqu’en juin n’a aucun sens sportif : il a 32 ans, il sort d’une saison tronquée et son contrat expire. Le scénario le plus probable est un transfert avant la deadline de février. Si ces 2 joueurs partent, l’équipe perd ses 2 meilleurs attaquants au moment précis où la course à la loterie se joue. Le premier tiers de saison peut donc ressembler à celui d’une équipe de milieu de tableau, et le dernier à celui d’un tank assumé.
Acuff peut-il porter une attaque NBA dès octobre ? Son profil de scoreur est rassurant : 3e marqueur du pays, 44 % à 3 points sur une saison complète. Le problème est ailleurs. Un meneur rookie de 1,91 m sera ciblé en défense chaque soir, et l’histoire récente des meneurs lancés tout de suite dans une équipe faible montre des pourcentages en baisse et des pertes de balle en hausse pendant au moins 3 mois. Christie a le choix entre le protéger avec LaVine à la création ou lui confier le ballon quoi qu’il en coûte. Tout indique que Sacramento a choisi la seconde option, et c’est la bonne pour son développement.
Keegan Murray est-il encore un titulaire à 140 millions ? C’est la question que personne ne pose trop fort à Sacramento. Le 4e choix de la draft 2022 a signé une prolongation de 140 millions de dollars et sort d’une saison à 23 matchs et 27,7 % à 3 points. Sa défense est restée de bon niveau, mais un ailier fort payé à ce prix doit écarter le terrain. S’il revient à ses standards (autour de 35 % à 3 points), Hunter et lui forment une paire d’ailiers solide pour les 3 prochaines saisons. S’il stagne, les Kings auront un deuxième contrat lourd à gérer, et un problème d’identité en plus.
Ce qu’on peut attendre : Entre 21 et 27 victoires, une loterie de plus
Partons des chiffres. Avec un différentiel net de moins 10,0, les Kings ont joué comme une équipe de 22 victoires. Ils récupèrent en théorie Sabonis, Murray et LaVine, soit 3 titulaires qui ont manqué ensemble plus de 140 matchs. À l’inverse, ils perdent 33,6 points et près de 11 passes avec DeRozan et Westbrook, et remplacent cette production par celle d’un rookie. Un gain de 4 à 6 points de différentiel sur les 50 premiers matchs, grâce à la santé, est plausible. Une rechute derrière la deadline, avec un effectif allégé, l’est tout autant.
Notre projection place Sacramento entre 21 et 27 victoires, avec un point médian autour de 24. C’est légèrement au-dessus du marché américain (21,5), parce que les équipes qui ouvrent avec le total le plus bas de la ligue le dépassent souvent quand leur bilan précédent était plombé par les blessures plutôt que par un effectif vide. Mais l’écart reste mince, et il repose sur une hypothèse fragile : que LaVine et Sabonis jouent au moins 50 matchs chacun, à Sacramento ou ailleurs, avant que la loterie ne devienne la priorité.
L’objectif réaliste, c’est la loterie, avec un 14e ou 13e rang de l’Ouest. Le play-in demanderait une santé parfaite et l’effondrement de Memphis ou de La Nouvelle-Orléans. Le premier match se joue à l’Intuit Dome, face aux Clippers, le 21 octobre (nuit du 21 au 22 octobre en France), avec les débuts d’Acuff en NBA.
Cotes long terme des Kings
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