Il y a des statistiques qui résument mieux qu’un long discours le fossé qui sépare le tennis américain de son propre Grand Chelem. Depuis le sacre d’Andy Roddick en 2003, aucun joueur né aux États-Unis n’a soulevé le trophée à Flushing Meadows. Vingt-trois ans de disette, alors même que le pays aligne aujourd’hui quatre joueurs installés durablement dans le top 30 : Ben Shelton, Taylor Fritz, Tommy Paul et Frances Tiafoe. Autre chiffre qui interroge : le dernier vainqueur non-européen du simple messieurs remonte à Juan Martín del Potro en 2009. Depuis, Wawrinka, Nadal, Djokovic, Thiem, Medvedev, Alcaraz et Sinner se sont partagé le trophée. Une mainmise européenne totale.
Ces deux statistiques ne sont pas de simples curiosités de fin de saison : elles disent quelque chose de la difficulté à transformer un bon classement en trophée majeur sur le dur new-yorkais, où la chaleur, l’humidité et la pression d’un public acquis à la cause locale finissent souvent par peser plus lourd que le talent brut.
Taylor Fritz, la revanche inachevée
Finaliste malheureux face à Sinner en 2024, Taylor Fritz reste le porte-drapeau le plus crédible du tennis américain sur cette surface. Sa cote avoisine 26,00, un niveau qui traduit une vraie défiance du marché après une saison en dents de scie, mais qui ignore peut-être un peu vite son vécu sur ce court précis et sa capacité à hausser son niveau de service dans le money time.
Jack Draper, le Britannique qui monte en pression
Sans forcément faire de bruit, Jack Draper a construit une saison solide sur dur et arrive à New York avec une cote proche de 21,00. Le gaucher britannique possède l’arme qui fonctionne le mieux sur ce genre de courts rapides — un service lourd couplé à un coup droit d’attaque — et un tirage favorable pourrait le propulser bien plus loin que ne le laisse penser sa cote actuelle.
Rafael Jodar, la sensation espagnole
Impossible d’ignorer la trajectoire de Rafael Jodar cet été : une finale à Washington début août qui lui a permis d’atteindre un classement historique, à la 15e place mondiale. Encore peu connu du grand public, l’Espagnol est coté à 41,00 pour le titre, un prix qui reflète surtout son manque d’expérience à ce niveau plutôt que son potentiel réel sur dur. Sur un tel tournoi à 128 joueurs, où le tableau compte parfois plus que le classement, un tirage clément suffirait à faire de lui la vraie curiosité de la quinzaine.
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